Le voyage, c’est un peu comme une maladie mentale…

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Il y a de ces moments où je me dis que finalement, le voyage, c’est un peu comme une maladie mentale. Vous m’excuserez ce texte, mais je suis assise là, à 8h du matin sur ma chaise un samedi, café à la main, et j’ai une grande nostalgie du voyage, une grande nostalgie de la vie. Et je sais qui est le fautif, je sais qui a dérangé mon esprit à ce point : le voyage, celui qui change une vie, une vision. J’ai l’impression que le voyage change la chimie de notre cerveau, à un moment, et déclenche en nous une espèce de maladie mentale incurable, dont il n’existe aucun médicament valable sauf le fait de repartir à l’aventure. À la lecture de ces mots, vous me trouverez peut-être complètement cinglée, ou au contraire, vous partagerez peut-être cette vision de la vie que j’ai, et qui grandit en moi de plus en plus vite, de plus en plus fort. Bref, que vous soyez en accord ou non avec mes propos, ce texte me fait du bien, me vide le cœur. Et juste pour cette raison, j’ai décidé de le partager avec vous.

Est-ce que je suis la seule pour qui voyager a amené en moi cette réticence, ce dégoût léger du mode de vie régulier? Celui dans lequel on doit s’engouffrer par obligations, par désir de « faire comme les autres », mais vraiment pas par plaisir? Est-ce que je suis la seule qui n’ait pas encore réussi à comprendre qu’on retrouve le bonheur dans sa vie en travaillant du lundi au vendredi, de 8 h à 17h, avec deux petites semaines de vacances par année en début de carrière, et seulement trois semaines après plusieurs années dans une même entreprise? Est-ce que je suis la seule qui regarde par ma fenêtre et qui se dit combien l’endroit où je vis est minuscule comparativement à tout ce que je pourrais retrouver  sur Terre? Est-ce que je suis la seule qui ait l’impression que la vie n’est pas faite uniquement pour travailler, mais bien pour voyager et découvrir (en plus de d’autres choses, évidemment)?

Je fais de plus en plus le constat que je ne suis pas faite pour cette vie, que je ne suis pas faite pour cette routine qui, dans mon cas, m’est imposée.

sunset and hot air balloon

Parfois, j’ai l’impression qu’on tente de cadrer avec un modèle fourni par la société. Le modèle de l’individu parfait, celui qui est tant prôné et tant valorisé : l’homme ou la femme qui entre à l’université, qui termine ses études sans anicroches, qui entre sur le marché du travail et qui y reste 35 ans d’affilée pour obtenir promotions par-dessus promotions, afin de finir un jour directeur de ci ou directrice de ça et d’avoir de grosses responsabilités. Et tout ça pour quoi… Un meilleur salaire? Plus d’argent en banque? Probablement…

Mais est-ce que, vraiment, l’humain recherche son bonheur dans le matériel que peuvent apporter ses augmentations de revenu annuel?

Est-ce qu’il recherche son accomplissement dans son travail professionnel? Dans sa plus grosse maison qu’il vient d’acheter? Dans la voiture de l’année qu’il est si fier de conduire? Dans ses vêtements de marque qu’il porte jour après jour? Est-ce qu’il ne devrait pas plutôt chercher à vivre des expériences, celles qui forgent le caractère, qui définissent nos valeurs en profondeur et surtout qui font en sorte qu’on profite du moment présent? Nous avons tous besoin d’argent pour voyager, voilà un cercle vicieux horrible, mais suis-je la seule qui ne retrouve pas sa gratification dans le travail, dans la charge de responsabilités qu’on met sur mes épaules? Suis-je la seule qui retrouve plutôt sa liberté et sa joie de vivre dans les petits moments de la vie, et notamment dans les voyages?

J’ai cette espèce de fixation, ces temps-ci, à vivre le moment présent. Parce que dès qu’il est vécu, il est impossible de le vivre une deuxième fois. Cette minute qui vient de s’écouler, vous ne la retrouverez plus jamais (merci de l’avoir consacrée à ce texte hihi). Elle est disparue, comme toutes les centaines d’autres minutes et d’heures, qui se sont retrouvées dans l’abysse de votre passé, dans vos plus grands souvenirs. Vous vous rappellerez de certains de ces souvenirs, d’autres iront directement dans la boîte à oubli. Avez-vous envie de vivre une vie où les seules choses, les seuls moments (ou bref, la grande majorité) dont vous vous rappellerez, seront ceux en lien avec le travail, avec le petit train-train de la vie quotidienne de métro-boulot-dodo? N’avez-vous pas envie, vous aussi, de vous remémorer ce petit souper au coucher du soleil, au bord des rizières du Vietnam? N’avez-vous pas envie de vous rappeler combien vous vous sentiez vivant, combien vous vous sentiez heureux et plein de vie quand vous avez dévalé les ruelles de Chiang Mai à la recherche des temples perdus et des fruits exotiques délicieux? Évidemment, on ne peut se rappeler que des souvenirs de voyages, et je sais que ce ne sont pas uniquement les souvenirs de voyages qui définissent une vie heureuse ou non. Mais j’ai de la difficulté à comprendre que certaines personnes mourront sans même avoir traversé les frontières. Elles mourront en n’ayant connu qu’une seule chose : leur petit coin de pays, leurs petites traditions, leur mode de vie et leur propre culture. Dans ma tête à moi, le monde est grand, trop grand. Beaucoup trop grand pour ne rester qu’à un seul endroit, toute une vie. Et je refuse de donner cette destinée à ma vie.

 

Là où je veux en venir, c’est que le moment présent, on le créé

Ces souvenirs dont nous voulons nous rappeler, on les créé aussi, on fait en sorte qu’ils arrivent. Je ne sais pas pour vous, mais tout ce dont j’ai envie, c’est de remplir ma tête de souvenirs, d’expériences et de moments inoubliables. Ces moments, évidemment, je peux les vivre où je vis présentement, dans mon petit coin de pays. Il ne s’agit pas d’apprécier le moment présent seulement lorsque nous sommes ailleurs, seulement lorsque nous voyageons. Il s’agit plutôt de savoir créer le moment présent, celui qui nous fera du bien, celui qu’on aura envie de se remémorer toute notre vie, celui qu’on aura envie de recréer sous un différent angle, un autre moment.

 

Et si vous n’avez pas encore compris le sens de mon texte, je vous l’illustre ici, avec une infographie maison (et pas trop belle, désolée pour mes talents douteux) qui résume ma pensée…

 

voyagevsvie

Voilà, merci, ça m’a fait du bien. J’avais la tête en feu, parce que j’ai rédigé ce texte en 12 minutes environ, sans blague. Mot après mot, sans même relever ma tête et mes doigts du clavier, je me suis libérée de cette pensée qui trotte en moi depuis quelque temps (bon, pas libérée complètement, mais en partie hihi). Merci de l’avoir lue, et si jamais vous partagez la même vision que moi, je me sentirai drôlement moins seule dans mon besoin de me « rebeller » contre cette vie obligée, cette vie pré-tracée.

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Commentaire / Question

6 Réponses

  1. […] là là… Je vous ai déjà dit que le voyage, c’est un peu comme une maladie mentale. Eh bien dans mon cas, c’est bel et bien vrai, et mon blog voyages n’aide en rien à […]

  2. […] Il y a de ces moments où je me dis que finalement, le voyage, c’est un peu comme une maladie mentale. Vous m’excuserez ce texte, mais je suis assise là, à 8h du matin sur ma chaise un samedi, café à la main, et j’ai une grande nostalgie du voyage, une grande nostalgie de la vie. Et je sais qui est le fautif, je sais qui a dérangé mon esprit à ce point : le voyage, celui qui change une vie, une vision. J’ai l’impression que le voyage change la chimie de notre cerveau, à un moment, et déclenche en nous une espèce de maladie mentale incurable, dont il n’existe aucun médicament valable sauf le fait de repartir à l’aventure. À la lecture de ces mots, vous me trouverez peut-être complètement cinglée, ou au contraire, vous partagerez peut-être cette vision de la vie que j’ai, et qui grandit en moi de plus en plus vite, de plus en plus fort. Bref, que vous soyez en accord ou non avec mes propos, ce texte me fait du bien, me vide le cœur. Et juste pour cette raison, j’ai décidé de le partager avec vous. Lire la suite […]

  3. Je partage ENTIÈREMENT tes sentiments et ressens absolument les mêmes depuis mon retour en France. Ça fait toujours du bien de voir que d’autres personnes pensent comme nous, alors merci!

  4. Je t’ai lue ;)

    Je ne partage pas – ne partage plus peut-être, serait plus adéquat comme formulation – cette vision à 100%, du moins, pas de la même manière. Néanmoins, je me retrouve dans une certaine partie.

    Je ne vois plus le « modèle imposée » et je ne crois plus que la « vie régulière » doit obligatoirement être sans goût. C’est une impression que je partageais par contre au retour du premier plus « long» voyage que j’ai fait. Une impression que j’ai choisi de travailler, de transformer depuis. Je n’ai plus l’impression d’entrer dans un cadre fixé par la société, et ce, sur pas mal tous les aspects de ma vie ;)

    Je l’ai déjà écrit en commentaire sur ton blog: j’ai choisi de faire de ma vie quelque chose d’extraordinaire. Et les voyages ne sont pas ce qui la rend extraordinaire: elle l’est déjà, à tous les jours. Les voyages n’en sont que le prolongement. Le travail aussi, pour ma part, puisque je suis autonome, maître de mes choix, que je fais ce que j’aime, me passionne et que quand je n’aime plus ça, je fais autre chose. Les enfants, les amis, les plaisirs de la table, le travail, les voyages, les apprentissages… ce qui est ici, ce qui est ailleurs, les trois mètres carrés qui m’entourent autant que le reste de la planète: je cherche à ce que tout ça soit extraordinaire et complémentaire ;)

    Il y a des choses que le seul le voyage réussit à m’apporter. Il y a des choses que seuls mes enfants ou ma vie professionnelle peuvent m’apporter. Le mélange de tout ça: wow!

    Ce que je lis là me donne l’impression de lire les pensées d’une femme qui n’aime pas son travail et le cadre dans lequel elle a choisit d’évoluer actuellement. Ça me donne l’impression d’être bien loin des envies de voyages, mais d’être bien près des choix faits ou à faire au quotidien. Je te souhaite de trouver ta façon à toi de pouvoir apprécier les bonheurs du quotidien, que ce soit ici ou en voyage ;) (on s’entend, ya un des deux endroits où il y a souvent un peu plus de travail à faire :P ) De rajouter un peu de «dodo-découverte» dans ton «métro-boulot-dodo», voire même de flusher le dernier et d’en changer l’appellation pour quelque chose qui englobe un peu tout ce qui fait de ta vie quelque chose de merveilleux, qui te permet de te sentir vivante, heureuse et pleine de vie, peu importe ce qui t’entoure et où tu te trouves. :)

    #vivelemomentprésent!

    • En effet, il y a probablement une certaine partie de moi qui n’aime pas tous les choix que j’ai faits. Mais sache que j’y travaille! Et sache surtout que je vais y arriver :) Il faut dire que je suis en début de carrière, ça fait 5 mois que je travaille à temps plein, si ce n’est pas moins. Le transfert études – travail temps plein est une certaine adaptation pour moi, et ce n’est pas toujours facile. Malgré tout, j’ai des idées plein la tête, et je ne souhaite que les réaliser! J’ai justement envie de m’enlever de ce modèle imposé, mais je suis en couple avec quelqu’un qui est bien dans ce dit modèle, ce qui rend les choses plus compliquées, et qui me pousse à tenter de voir les choses autrement! Merci de ton commentaire Bianca :)

      • Je suis certaine que tu y arriveras. Je suis aussi en couple avec quelqu’un qui était (j’insiste sur l’utilisation de l’imparfait, ici) très très bien dans ce « modèle » ;)

        Allez, courage! Il y a toujours moyen de trouver un juste milieu qui plaise à tout le monde et dans lequel tout le monde se réalise et je suis certaine que vous y arriverez!

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