Je suis maman et j’ai voyagé une semaine… sans mon enfant

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Oui. Je l’ai fait. Telle la pire des mères indignes. Je suis partie au Nicaragua une semaine complète. Sans mon enfant.

Je suis partie retrouver ma liberté, me retrouver, moi, la femme que j’étais avant d’être une maman. Je suis partie me renouveler. Moi qui avais oublié qui j’étais vraiment. Je suis partie me revisiter, moi qui avais pratiquement oublié mon nom, ma couleur, mon essence.

Ce texte s’adresse à toutes les voyageuses, celles qui sont mères comme celles qui ne le sont pas. Je m’adresse à vous, femmes, qui avez la passion du voyage dans l’âme et qui avez peur qu’elle s’éteigne à la vue d’un nouvel humain au sein de votre famille.

Après 9 mois de grossesse, croyez-moi, on s’oublie. Après un accouchement et une année complète à s’occuper d’un petit être fragile et dépendant, on s’oublie encore plus. On oublie notre liberté, mais on oublie également qui on est vraiment. Ou plutôt, qui on était avant. Pour moi, partir une semaine représentait un moment arrêté dans le temps où je pourrais redevenir la femme sans attaches, sans responsabilités, sans devoirs, sans quotidien que j’avais pourtant toujours été.

 

Ça semble logique, non? Pourtant, vous auriez dû voir le jugement dans le visage des gens qui me demandaient : « Hein? Tu es partie seule? Mais il a fait quoi ton enfant? ». Et moi de leur répondre : « Cet enfant-là, imaginez-vous donc, a un père. Alors son père s’en est occupé ». Eh oui! Savez-vous quoi? Un papa est parfaitement capable de s’occuper d’un enfant pendant une semaine.

Est-ce que je me suis ennuyée? Est-ce que j’ai pleuré à certaines occasions en regardant des photos  de son petit visage et son grand sourire? Oh que oui. Mais, est-ce que je referais exactement la même chose si c’était à refaire? Oh que oui également.

Je me suis fait le cadeau d’une semaine, de moi à moi. Pour mieux me préparer à donner les 51 autres semaines à d’autres que moi… 51 semaines que je donne annuellement à mon travail, à mon enfant, à mon conjoint, à mes amis, à ma famille. Je me suis donnée une semaine pour faire le vide de tout ce qui me remplit les 51 autres semaines de l’année. 1 semaine pour retrouver qui j’étais avant, 52 semaines par année.

Y voyez-vous un drame? Y voyez-vous une mère indigne? Si oui, reposez-vous sérieusement la question.

À toutes les mamans voyageuses qui ont envie de s’éclipser, de partir, de se renouveler… Faites-le. Je sais, c’est difficile. Je vous jure, j’ai passé 10 fois le processus d’achat de mes billets d’avion. Je me rendais jusqu’au bout, j’entrais toutes mes informations de paiement, mais j’étais incapable de cliquer sur « confirmer ». Puis à un moment, sur un « coup de tête » planifié, je l’ai fait… J’ai cliqué. Je ne pouvais pas devenir en arrière. La liberté que j’ai ressentie à ce moment-là était indescriptible. Le mélange d’émotions m’a envahie : oui, la liberté, mais aussi la joie, la culpabilité, la crainte… Sauf que quand le billet d’avion est acheté, il ne reste qu’à attendre le moment fatidique du départ. Alors tant qu’à attendre, aussi bien le faire par des émotions positives.

 

Je me suis assurément fait juger, mais je me suis également probablement fait envier. Savez-vous ce que j’ai fait? Je me suis simplement foutue de ce que les autres ont pensé. J’ai fait ce que mon instinct me dictait. Alors à vous les mamans voyageuses, je n’ai qu’un conseil à vous donner : écoutez ce que votre petite voix vous dicte! Point final.

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