9 clichés sur les Québécois expliqués de fond en comble!

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Si vous êtes Québécois et que vous lisez cet article, vous n’aurez probablement pas d’autre choix que d’être en accord avec une partie des clichés qui suivent. Et si vous êtes un francophone qui vit ailleurs que dans la Belle province, alors vous pourrez en savoir un peu plus sur qui nous sommes vraiment, sans vous fier à tous les clichés que vous entendez à gauche et à droite. Aujourd’hui, je vous explique ce qui est vrai et faux, question de démystifier tout ce qui se dit sur nous!

Ha, et d’ailleurs… Je vous recommande fortement de venir nous visiter au Québec, même en temps froid (lire l’article 5 bonnes raisons pour visiter le Québec en hiver).

#1 : Les Québécois utilisent sans cesse des mots de l’église dans leurs phrases

Tabernacle (prononcer ici Tabarnak), Calice (ne pas dire le « A » comme un français de France le ferait, il faut dire kâlisse), Ostie (ou plutôt « esti » ou encore son raccourci, « sti ») sont en effet des mots qui font partie de notre vocabulaire. Ces mots sont utilisés par la plupart pour se défouler, mais pour d’autres, ils ont utilisés comme adjectifs. En fait, un Québécois trouvera toujours une bonne place dans sa phrase pour ajouter un mot d’Église. Exemple avec un degré de colère à 0/10 : Heye, c’était bon en esti le déjeuner. Exemple avec un degré de colère de 10/10 : Kâlisse de tabarnak, j’t’écoeuré.

En effet, plus le degré de colère augmente, et plus le nombre de mots d’église utilisés l’un à la suite de l’autre augmente. Ici, c’est coutume.

 

On peut également enlever la colère de l’équation et utiliser quand même des sacres au beau milieu d’une phrase. Par exemple, les sacres peuvent servir:

De nom propre: « Toi, mon tabarnak » (ceci est vraiment peu recommandé)

D’adjectif: « C’est une crisse de belle robe »

De complément d’objet direct: « Les esties de factures que j’ai payées » 

De pronom exclamatif: « Ciboire qui fait froid dehors! »

Et plus encore, il suffit de les inventer.

 

Heureusement, il existe des gens qui n’utilisent jamais ces mots d’Église, qu’on nomme ici les « sacre », mais les chances sont que vous en entendrez plusieurs si vous mettez les pieds au Québec.

sacres

#2 : Les Québécois mangent tout le temps de la poutine

Nous n’en mangeons pas tout le temps, mais à chaque fois qu’on retrouve ces 3 magnifiques ingrédients dans notre assiette (patates, sauce brune et fromage squich squich), c’est la joie. Il faut savoir que la poutine est ULTRA calorique et qu’il n’y a absolument rien de bon pour la santé là-dedans, sauf peut-être le fromage. Donc c’est un peu comme du fast food et on essaie d’en manger comme une gâterie.

Il faut savoir que les différentes régions du Québec s’obstinent sur QUI est l’inventeur de la poutine. Allez à Montréal et ils vous diront que la première poutine a été servie dans un de leur restaurant. Allez à Drummondville, ce sera la même histoire. Et c’est pareil pour la ville de Québec. Alors à vous de vous faire votre propre idée, sauf qu’en même temps, on s’en fou de qui l’a inventée! C’est bon, et c’est tout ce qui compte.

PSST! La meilleure poutine au monde entier selon moi, c’est au Lemaire, à Drummondville. Sortie 170 sur l’autoroute 20 entre Montréal et Québec ;) C’est la seule place où après avoir fini les frites, il reste encore du fromage (il faut en manger pour comprendre que le fromage est l’ingrédient miracle et que sans ça, c’est simplement une frite sauce). Alors à votre prochain road trip entre Montréal et Québec, vous saurez où vous arrêter, ok?

poutine

#3 : Les Québécois vivent dans des igloos

Oui oui, il y a eu des études faites auprès d’habitants des États-Unis et c’est ce que certains croient de nous, les Canadiens. (Petite parenthèse ici, mais les 20% des américains sont encore incapables d’identifier les États-Unis sur la carte du monde, et 20% pensent encore que le soleil tourne autour de la Terre, alors il faut leur laisser une petite chance…).

En fait, si vous croyez qu’on vit dans des igloos, dites-vous que ça ferait bien du sens parce qu’en hiver, au Québec, il fait « frette » (comprendre ici « froid », voire « très froid »). Des journées à -5 degrés, c’est le bonheur et c’est ce qu’on appelle un « temps doux ». Chez nous, du -30 et du -35, ça ne nous surprend même plus.

Pour vous faire une idée, vous qui ne pouvez même pas vous imaginer… Les vraies de vraies journées « frettes » du Québec, lorsqu’on sort dehors ne serait-ce que quelques minutes, le liquide de nos yeux gèle. Oui, ça va jusque-là.

PSST! Même si on ne vit pas dans des igloos, notre sport national d’enfance est de se construire des forts, ou plutôt des bâtisses construites uniquement de neige. 

igloos

#4 : Les Québécois, ils portent tous du Canada Goose

Oui, certains le font. Mais heureusement, ce n’est pas pratique courante. Nous ne sommes pas tous des riches qui ont 700$ à payer pour un manteau d’hiver. Et nous sommes encore moins des fervents de l’assassinat d’animaux qui servent à récolter la fourrure pour mettre sur ces fameux manteaux. Sincèrement, si vous venez au Québec, évitez d’acheter un produit Canada Goose sous prétexte que c’est un souvenir de chez nous. N’encouragez pas cette industrie… Je vous épargne les photos et les vidéos qui m’ont fait pleuré et qui m’ont marquée à jamais, mais croyez-moi sur parole.

#5 : Les Québécois mettent du sirop d’érable PARTOUT

Je rectifie : pas partout, mais on le mélange à beaucoup d’aliments… Pourquoi? Parce que ça remplace le miel, bien souvent. C’est délicieux dans du yogourt, sur des crêpes et même dans un bol pour tremper un bout de pain rôti. Le printemps, dans les cabanes à sucre, on en met même sur la neige et on roule un petit bâton de popsicle dedans pour former une espèce de grosse boule de sirop d’érable figé, qu’on appelle la tire. C’est délicieux, on peut en manger jusqu’à en être malades. Mais non, nous n’en mettons pas là où ça n’a pas sa place.

PS: Si vous croyez qu’on boit le sirop d’érable, sachez que nous NE FAISONS PAS ÇA. Et si quelqu’un le faisait devant nous, nous le jugerions. Ce serait considéré comme étant presqu’aussi pire que de manger de la mélasse pure.

sirops

#6 : Les Québécois adorent tous le hockey

Pas tous les Québécois, mais la plupart. C’est un peu comme une distraction et une bonne raison de se rassembler entre amis et de boire de la bière en mangeant des chips ou des ailes de poulet. Il y en a qui connaissent toutes les statistiques de tous les joueurs (eux ils sont fous), et d’autres qui ne connaissent pas grand-chose mais qui aiment tout simplement écouter les séries. Voici une échelle de « fans » qu’on retrouve ici :

0/10 : Ne sait même pas qui est P.K. Subban ou Carey Price

4/10 : Peut facilement manquer un match sans pleurer, mais ne manquerait aucunement un match des séries

7/10 : Écoute tous les matchs et va même jusqu’à écouter l’émission « L’Antichambre » après la partie

10/10 : Écoute même les matchs des autres équipes, c’est-à-dire même quand les Canadiens ne jouent pas

Si vous voulez être dans la « gang » pour une soirée entre Québécois, faites juste googler « Subban » et « Price » question de savoir qui c’est. Ha, et aussi, c’est très important que vous réagissiez fortement lorsque les Canadiens compteront un but, et lorsque les arbitres « calleront » une punition, comme on dit ici.

subbanprice

Si vous voulez vraiment faire rager un Québécois, dites que vous êtes partisans des Bruins de Boston. Ça marche à tout coup.

#7 : Les Québécois vivent en plein milieu de la forêt avec des orignaux, des ours et des castors

Pas les Québécois, non. Vous savez, pour la plupart, on vit dans des villes et quand on aperçoit un chevreuil au loin, on crie de joie tellement on trouve ça beau. Alors si on voyait un ours ou un castor, on les prendrait en photo et on serait tous émerveillés. Pour voir tous ces animaux, il faut se déplacer un peu (pas mal) à l’Ouest, vers les rocheuses canadiennes. LÀ, les chances sont multipliées par mille de voir des orignaux, des ours, des wapitis, etc.

Par contre, il y a un animal qui ne nous procure plus beaucoup de surprise lorsqu’on le voit, et c’est l’écureuil. C’est toujours drôle de voir des touristes qui les prennent en photo…

ours

#8 : Les Québécois ont un très gros accent et ils parlent mal

On peut faire comme les français et parler super bien. Sauf que ce n’est pas dans notre nature. Même que quand un Québécois pure laine parle avec un accent français, on le traite de « snob » et on le considère hautain. Si vous êtes un touriste, ne vous inquiétez pas, on ne fera que vous considérer comme un touriste et on trouvera que votre accent est très beau.

Si vous avez envie de nous comprendre, ou de nous imiter, voici ce que vous devez savoir :

Awaye = Allez!

Chu = Je suis

J’fais / J’mange/ J’veux = je + verbe (sérieusement, dès qu’on peut contracter des mots ensemble, ON LE FAIT)

Tu gosses = Tu m’énerves

Quessé que = Qu’est-ce que

Oussé que = Où est-ce que

… et la liste est longue.

#9 : Les Québécois achètent juste le fromage « Le Petit Québec »

Non, non non non. C’est pas de notre faute si Kraft Canada a décidé d’appeler son fromage « Le Petit Québec ». On l’achète quand même, mais c’est juste parce qu’il vient souvent en spécial à 4,99$ pour une grosse brique. On se pète pas les bretelles (lire ici « on ne se vante pas ») avec ce fromage-là, mais il dépanne très bien pour nos recettes de semaine. Quand on veut déguster un bon fromage avec un bon vin, on achète du vrai fromage. Le Saint-Paulin, le Oka, le Fleuron, le Louis d’Or, le Petit Cendré, le Pizy… Nous avons plus de 100 fromages Québécois qui compétitionnent très bien avec les fromages français. ÇA, nous en sommes fiers. Les producteurs laitiers du Québec ont même payé des millions pour en faire la publicité à la télévision.

fromages

Cliché bonus (mais bien trop vrai): On Québec, on a quatre saisons. Un hiver intense, un hiver modéré, un genre d’été, un autre hiver modéré.

Mouais… De Décembre à Mars, c’est ce qu’on considère comme étant l’hiver intense. L’histoire des -35 degrés avec l’eau des yeux qui nous gèle. Ensuite, mars et avril sont les mois d’un hiver modéré. Pour ce qui est du mois de mai, c’est un coup de dé chaque année: on peut aussi bien recevoir une tempête de neige que pouvoir aller manger sur les terrasses. Juin, juillet et août sont notre « genre d’été ». Sauf que souvent, il faut se vêtir d’un chandail chaud pour les soirées car c’est plus frais. À vrai dire, on a environ 3 semaines de vrai été, là où on peut rester en t-shirt même lorsque le soleil est couché. Ces trois semaines-là, on les appelle les canicules. Il doit bien faire 40 degrés. Autrement dit, nous n’avons pas de juste milieu : soit on gèle, soit on crève. Ensuite, septembre, octobre et novembre, c’est le retour à l’hiver modéré, autrement appelé l’automne. Durant cet hiver modéré, il y a trois semaines où les arbres sont en couleur. C’est très beau, vraiment très beau, mais pour les Québécois, ça signifie une horrible chose: que bientôt, les feuilles colorées tomberont et feront place à une épaisse couche de neige, qui ne fondra pas avant le mois de mai prochain.

quebectempete

Alors voilà! Je crois que maintenant, vous êtes prêts à visiter le Québec :) Et si vous le faites, n’hésitez pas à m’écrire un message! Je pourrai tenter de répondre à vos questions.

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